Le duel Volvo ES90 vs BMW i5 résume assez bien ce qui se joue en 2026 sur le segment des grandes berlines électriques premium. D’un côté, une Suédoise toute neuve, bâtie sur une architecture 800 volts, qui débarque avec 700 km d’autonomie annoncés et une philosophie résolument scandinave. De l’autre, une Bavaroise déjà installée, techniquement mature, qui revendique le meilleur agrément de conduite du segment et une déclinaison break que sa rivale ne propose pas.
Sur le marché belge, les deux voitures se retrouvent presque au même tarif d’entrée : 73 990 € pour la Volvo ES90 Single Motor, environ 74 000 € pour la BMW i5 eDrive40. Autant dire que le choix ne se fera pas sur le prix affiché, mais sur des critères plus fins : vitesse de recharge, habitabilité arrière, coût d’usage réel, plaisir au volant et coût de possession sur cinq ans. Voici un comparatif détaillé, chiffres belges à l’appui, pour trancher.
Volvo ES90 vs BMW i5 : le verdict en un coup d’œil
Avant d’entrer dans le détail, voici les grandes lignes. La Volvo ES90 gagne sur la recharge (architecture 800 V, jusqu’à 350 kW), sur l’autonomie maximale (700 km WLTP) et sur l’espace aux places arrière grâce à un empattement de 3,10 m digne d’une limousine. La BMW i5 conserve l’avantage sur la dynamique de conduite, sur la finesse de l’ergonomie et sur la polyvalence, avec une carrosserie Touring que Volvo ne propose pas.
En résumé : si vous roulez beaucoup sur autoroute et que vous voulez perdre le moins de temps possible aux bornes, la ES90 prend l’avantage. Si vous cherchez une berline agréable à conduire au quotidien, avec un réseau et une valeur résiduelle éprouvés, la i5 reste une valeur sûre.
Fiches techniques comparées
Volvo ES90 (millésime 2026)
- Single Motor Extended Range : 333 ch, 480 Nm, batterie 92 kWh, 650 km WLTP, charge DC jusqu’à 300 kW
- Twin Motor : 449 ch, 670 Nm, batterie 106 kWh, 700 km WLTP, charge DC jusqu’à 350 kW
- Twin Motor Performance : 680 ch, 870 Nm, batterie 106 kWh, 0 à 100 km/h en 4,0 s
- Architecture : 800 volts, plateforme SPA2
- Dimensions : 5,00 m de long, 1,94 m de large, 1,55 m de haut, empattement 3,10 m
- Coffre : 468 l (1 256 l sièges rabattus) + frunk de 22 l
- Cx : 0,25
BMW i5 (G60)
- eDrive40 : 340 ch (250 kW), 400 Nm, batterie 81,2 kWh, 512 à 626 km WLTP, propulsion
- M60 xDrive : 601 ch (442 kW), 820 Nm, jusqu’à 514 km WLTP, transmission intégrale
- Architecture : 400 volts, charge DC jusqu’à 205 kW
- Dimensions : environ 5,06 m de long, empattement 2,99 m
- Coffre : environ 490 l en berline, davantage en Touring
- Carrosseries : berline et break (Touring)
Première observation : la Volvo joue la carte de la capacité brute. Son plus gros pack de 106 kWh dépasse largement les 81,2 kWh de la BMW. Mais la BMW compense par un rendement remarquable — jusqu’à 626 km WLTP avec une batterie 25 kWh plus petite, c’est une performance d’ingénierie que peu de constructeurs égalent.
Autonomie réelle : ce que valent vraiment ces chiffres
Les 700 km WLTP de la ES90 Twin Motor et les 626 km de la i5 eDrive40 sont des valeurs de laboratoire. Dans la vraie vie belge — autoroute à 120 km/h, températures fraîches huit mois par an, trajets Bruxelles-Anvers ou Liège-Gand — il faut tabler sur une décote de 20 à 30 %.
Concrètement, comptez :
- ES90 Twin Motor : environ 500 à 550 km en usage mixte, 430 à 470 km en autoroute soutenue
- ES90 Single Motor : environ 470 à 510 km en mixte
- i5 eDrive40 : environ 450 à 490 km en mixte, 380 à 420 km sur autoroute
L’écart existe donc bien, mais il est moins spectaculaire que sur le papier. En hiver, il se resserre encore : les deux modèles disposent d’une pompe à chaleur qui limite la casse, et la différence tient surtout à la taille des packs.
Recharge : l’argument massue de la Volvo ES90
C’est ici que le comparatif Volvo ES90 vs BMW i5 devient tranché. La ES90 inaugure chez Volvo l’architecture 800 volts, la même que celle qui équipe désormais l’EX90 et la Polestar 3. Résultat : une charge de 10 à 80 % en environ 20 minutes, avec des pointes à 300 kW pour le pack de 92 kWh et 350 kW pour celui de 106 kWh. Sur une borne haute puissance, cela représente 450 à 500 km d’autonomie récupérés le temps d’un café.
La BMW i5 reste sur une architecture 400 volts et plafonne à 205 kW. Son 10-80 % demande environ 30 à 33 minutes en conditions favorables. Ce n’est pas mauvais dans l’absolu, mais sur un Bruxelles-Munich avec deux arrêts, la Volvo fait gagner de vingt à vingt-cinq minutes sur le trajet complet.
Un bémol toutefois : le 800 V n’a d’intérêt que si vous fréquentez régulièrement les bornes ultra-rapides à 300 kW et plus. Si vous rechargez surtout à domicile sur une wallbox de 11 kW, les deux voitures se comportent de façon identique et l’avantage s’évapore.
Habitabilité : l’empattement fait la différence
Avec 3,10 m entre les essieux, la Volvo ES90 affiche un empattement que l’on trouve habituellement sur une BMW i7 ou une Mercedes EQS. La BMW i5, avec 2,99 m, reste dans les standards du segment. La conséquence est immédiate : l’espace aux jambes à l’arrière de la Volvo est nettement supérieur, au point que la banquette arrière devient un vrai argument de vente.
Ce choix n’est pas anodin. L’ES90 est produite en Chine et vise en priorité ce marché, où le prestige d’une berline se mesure notamment au confort de la place arrière droite. Volvo a donc optimisé cette zone en connaissance de cause.
Le revers de la médaille concerne le coffre. Le hayon incliné de fastback favorise l’aérodynamique (Cx de 0,25, excellent) mais limite le volume : 468 litres, c’est modeste pour une auto de 5 mètres. La BMW i5 berline fait un peu mieux avec environ 490 litres, et surtout, elle propose une version Touring qui règle définitivement la question du volume de chargement. Pour une famille qui part en vacances avec un coffre de toit et deux vélos, l’i5 Touring n’a tout simplement pas d’équivalent chez Volvo.
Comportement routier : la BMW garde la main
Sur le plan dynamique, les deux voitures ne poursuivent pas le même objectif. La ES90 privilégie le filtrage, le silence et la douceur. Sa direction est légère, son amortissement orienté confort, et l’ensemble donne une impression de sérénité très scandinave. C’est une excellente voiture de long trajet, moins une voiture de conducteur.
La BMW i5 conserve ce que la marque sait faire depuis toujours : un train avant précis, un équilibre de châssis remarquable pour une auto de ce poids, et une direction qui communique réellement quelque chose. La M60 xDrive et ses 601 ch pousse le curseur très loin, mais même l’eDrive40 en propulsion procure un plaisir supérieur à celui de la Volvo.
Sur les performances pures, en revanche, la ES90 Twin Motor Performance et ses 680 ch reprennent l’ascendant : 4,0 secondes de 0 à 100 km/h, c’est la Volvo de série la plus puissante jamais produite. Cela dit, ce niveau de puissance sur une berline familiale relève davantage de l’argument marketing que du besoin réel.
Technologie embarquée et sécurité
La Volvo ES90 tourne sous Android Automotive avec les services Google intégrés, affichés sur un écran vertical de 14,5 pouces. L’intégration de Google Maps et de l’assistant vocal est excellente, la planification d’itinéraire avec arrêts de recharge fonctionne bien. Le reproche, en revanche, est le même que sur l’EX90 : presque toutes les fonctions passent par cet écran, y compris certains réglages que l’on aimerait garder sous forme de commande physique.
La ES90 embarque aussi un lidar en toiture, associé aux caméras et radars, censé améliorer significativement la détection des obstacles. La technologie est prometteuse, mais son déploiement logiciel complet s’est fait attendre sur l’EX90 : il faut donc considérer cet équipement comme un investissement sur l’avenir plutôt que comme un bénéfice immédiat.
La BMW i5 mise sur iDrive avec le BMW Curved Display, une combinaison écran d’instrumentation 12,3 pouces et écran central 14,9 pouces. L’ergonomie est plus aboutie que chez Volvo, notamment grâce au maintien de la molette iDrive sur la console centrale — un détail qui change la vie en roulant. Le système Driving Assistant Professional et la conduite mains libres sur autoroute (selon marchés et options) sont parmi les meilleurs du segment.
Prix en Belgique : l’entretien inclus change la donne
Les tarifs belges d’entrée de gamme sont quasiment identiques :
- Volvo ES90 Single Motor Core : à partir de 73 990 €
- Volvo ES90 Twin Motor Plus : à partir de 88 990 €
- BMW i5 eDrive40 berline : à partir d’environ 74 000 €
- BMW i5 M60 xDrive : à partir d’environ 109 300 €
Un point mérite l’attention : les prix Volvo incluent l’entretien pendant cinq ans ou 150 000 km. Chez BMW, ce type de contrat se paie en supplément. Sur la durée d’un leasing ou d’une détention de cinq ans, l’écart réel se creuse donc en faveur de la Volvo, même si l’entretien d’une voiture électrique reste modéré (pas de vidange, freins peu sollicités grâce au freinage régénératif).
Autre élément à intégrer en Belgique : la fiscalité. Les voitures 100 % électriques restent avantageuses en usage professionnel, avec une déductibilité fiscale maximale et un ATN calculé au taux le plus bas. La différence de prix catalogue entre les deux modèles se traduit donc directement dans le budget mensuel des conducteurs de voiture de société — un public majoritaire sur ce segment en Belgique.
Coût d’usage : consommation et recharge
Sur la base d’une consommation réelle d’environ 19 kWh/100 km pour la ES90 Twin Motor et 18 kWh/100 km pour la i5 eDrive40, et d’un tarif domestique de 0,35 €/kWh :
- ES90 : environ 6,65 € aux 100 km à domicile
- i5 : environ 6,30 € aux 100 km à domicile
Sur borne rapide publique à 0,69 €/kWh, ces montants doublent quasiment. La leçon est toujours la même : la rentabilité d’une électrique premium se joue d’abord sur la capacité à recharger chez soi. Les deux voitures sont ici à égalité, avec un chargeur embarqué AC de 11 kW de série (22 kW en option selon les versions).
Fiabilité et valeur résiduelle
La BMW i5 bénéficie du recul : commercialisée depuis 2023, sa chaîne de traction est éprouvée et son réseau après-vente dense en Belgique. Sa valeur résiduelle est solide, portée par la notoriété de la Série 5.
La ES90, plus récente, souffre de deux inconnues : la maturité logicielle (le précédent de l’EX90 incite à la prudence) et la perception de la production chinoise sur le marché européen de l’occasion. Volvo compense par une garantie batterie de 8 ans ou 160 000 km, standard sur le segment, et par l’entretien inclus.
Quel modèle pour quel profil ?
Choisissez la Volvo ES90 si vous parcourez de longues distances régulièrement, que vous voulez la recharge la plus rapide du segment, que vous transportez souvent des passagers à l’arrière, ou que vous appréciez une conduite apaisée et un habitacle sobre. L’entretien inclus cinq ans est un argument concret.
Choisissez la BMW i5 si le plaisir de conduite compte, si vous avez besoin d’un break (Touring), si vous privilégiez une ergonomie éprouvée avec commandes physiques, ou si la valeur résiduelle et la densité du réseau pèsent dans votre décision.
Et si vous hésitez encore, deux alternatives internes méritent un coup d’œil : la Polestar 2 en version Long Range, nettement moins chère pour un usage comparable, et le Volvo EX90 si le format SUV vous convient mieux — sachant qu’il coûte environ 10 000 € de plus que l’ES90 à équipement comparable.
FAQ : Volvo ES90 vs BMW i5
Quelle est la voiture la plus rapide à recharger entre la Volvo ES90 et la BMW i5 ?
La Volvo ES90, sans discussion. Son architecture 800 volts autorise des pointes de 300 à 350 kW et un 10-80 % en environ 20 minutes, contre 205 kW et 30 à 33 minutes pour la BMW i5, restée en 400 volts.
La Volvo ES90 est-elle disponible en break ?
Non. Volvo a fait le choix d’un fastback à hayon, sans version break de type V90. La BMW i5 est en revanche proposée en Touring, ce qui en fait le seul choix des deux si vous avez besoin d’un grand volume de chargement.
Combien coûte la Volvo ES90 en Belgique ?
À partir de 73 990 € pour la Single Motor en finition Core, et 88 990 € pour la Twin Motor en finition Plus. Ces prix incluent l’entretien pendant cinq ans ou 150 000 km.
Quelle autonomie réelle attendre de la BMW i5 eDrive40 ?
Comptez environ 450 à 490 km en usage mixte et 380 à 420 km en autoroute soutenue, contre 512 à 626 km annoncés en cycle WLTP selon l’équipement et les jantes.
La Volvo ES90 est-elle fabriquée en Chine ?
Oui, elle est produite en Chine, principal marché visé pour ce modèle. Cela n’affecte pas la garantie ni le réseau d’entretien européen, mais peut peser sur la perception à la revente.
Quelle version de la Volvo ES90 offre le meilleur rapport prix-autonomie ?
La Single Motor Extended Range à 73 990 €, avec 333 ch et 650 km WLTP, couvre largement les besoins d’un usage familial et professionnel. La Twin Motor n’apporte que 50 km supplémentaires pour 15 000 € de plus.
L’entretien d’une Volvo ES90 est-il plus cher que celui d’une BMW i5 ?
Sur les cinq premières années, non, puisqu’il est compris dans le prix d’achat de la Volvo. Au-delà, les coûts se rapprochent : sur une électrique, l’entretien se limite essentiellement aux filtres, au liquide de frein, aux pneus et aux contrôles logiciels.
Le lidar de la Volvo ES90 est-il vraiment utile ?
Sur le papier, il améliore nettement la détection des obstacles de nuit et à longue distance. Dans les faits, son exploitation logicielle complète a mis du temps à arriver sur l’EX90. Considérez-le comme un potentiel à venir plutôt qu’un avantage immédiat.
Quelle est la meilleure des deux pour un conducteur de voiture de société en Belgique ?
Les deux sont 100 % déductibles et affichent un ATN minimal. Le choix se joue donc sur le prix catalogue, qui détermine l’ATN : à ce jeu, la ES90 Single Motor et la i5 eDrive40 sont pratiquement au coude à coude.
Faut-il attendre une mise à jour de la BMW i5 en 800 volts ?
BMW déploie son architecture Neue Klasse en 800 volts sur ses nouveaux modèles, mais la i5 actuelle (G60) conserve son architecture 400 volts. Un passage au 800 V impliquerait une nouvelle génération, pas un simple restylage.



