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Feux de route : règles, symbole et feux automatiques (guide 2026)

Les feux de route, que beaucoup appellent encore « pleins phares » ou « gros phares », sont l’éclairage le plus puissant de votre voiture. Ils permettent de voir loin sur une route de campagne non éclairée, mais ils sont aussi la première cause d’éblouissement la nuit. Mal utilisés, ils mettent en danger les autres usagers et peuvent vous valoir une amende. Bien utilisés, ils font partie des meilleurs alliés de la sécurité en hiver, quand la nuit tombe dès 17 heures.

En 2026, le sujet a beaucoup évolué : la plupart des voitures récentes, et en particulier les Volvo et Polestar électriques, gèrent désormais les feux de route automatiquement grâce à une caméra, voire à des projecteurs « pixel » capables de découper le faisceau autour des autres véhicules. Dans ce guide, on fait le point sur les règles belges, sur le symbole au tableau de bord, sur les appels de phares, sur les systèmes automatiques et sur les bons réflexes au volant.

Feux de route : définition et rôle

Les feux de route sont les projecteurs avant destinés à éclairer la chaussée sur une grande distance. Selon la police belge, ils éclairent la route sur au moins 100 mètres devant le véhicule, contre une portée bien plus courte pour les feux de croisement. Leur faisceau est orienté plus haut et plus droit, sans la coupure asymétrique qui caractérise les feux de croisement.

C’est précisément cette portée qui pose problème : un faisceau qui vous permet de repérer un piéton ou un chevreuil à grande distance arrive aussi directement dans les yeux du conducteur d’en face, ou dans les rétroviseurs de la voiture qui vous précède. D’où des règles d’usage très précises.

Il ne faut pas les confondre avec les autres éclairages de la voiture, que nous avons détaillés ailleurs :

Le symbole des feux de route au tableau de bord

Le témoin des feux de route est toujours bleu. Il représente une lampe vue de profil, avec des rayons horizontaux et parallèles qui partent vers l’avant. C’est ce qui le distingue du témoin des feux de croisement, de couleur verte, dont les rayons sont inclinés vers le bas.

Sur les voitures équipées de feux de route automatiques, un second pictogramme apparaît souvent (la lettre « A » dans le symbole, ou un symbole blanc ou gris quand le système est prêt mais inactif). Chez Volvo, le témoin passe au bleu dès que les feux de route sont allumés, y compris lorsqu’ils sont partiellement masqués par le système adaptatif. Si vous voyez du bleu, considérez donc que vous roulez en pleins phares.

Quand utiliser les feux de route en Belgique ?

Le code de la route belge (arrêté royal du 1er décembre 1975, article 30) autorise les feux de route, en complément des feux de croisement, la nuit ou lorsque la visibilité est réduite à environ 200 mètres. Ils sont donc particulièrement utiles :

  • sur les routes de campagne et les nationales non éclairées ;
  • sur les tronçons d’autoroute sans éclairage public, quand la circulation est clairsemée ;
  • dans les zones boisées où le gibier traverse, notamment à l’automne et en hiver ;
  • au crépuscule, quand la lumière baisse rapidement et que les contrastes disparaissent.

Attention : ils ne remplacent pas les feux de croisement, ils s’y ajoutent. Et ils sont inutiles, voire contre-productifs, dans le brouillard : la lumière se réfléchit sur les gouttelettes d’eau et forme un mur blanc devant vous. Dans ce cas, revenez aux feux de croisement et, si nécessaire, aux antibrouillards.

Quand faut-il éteindre ses feux de route ?

Le code impose de remplacer les feux de route par les feux de croisement dans trois situations, rappelées par la police fédérale :

  1. À l’approche d’un usager venant en sens inverse (automobiliste, cycliste, piéton…), à une distance suffisante pour qu’il puisse continuer à circuler sans difficulté et sans danger. Et dans tous les cas, dès que ce conducteur vous fait un appel de phares pour signaler qu’il est ébloui.
  2. Quand vous suivez un autre véhicule à moins de 50 mètres, sauf au moment où vous le dépassez.
  3. Quand l’éclairage public est continu et suffisant pour voir distinctement jusqu’à environ 100 mètres, ce qui est le cas de la plupart des agglomérations.

Il faut aussi y penser à l’approche d’un train ou d’un bateau qui longe la route, et dans les virages serrés ou au sommet d’une côte, où votre faisceau peut atteindre un véhicule que vous ne voyez pas encore. La règle pratique est simple : si vous voyez des phares ou des feux arrière devant vous, repassez en feux de croisement.

Les appels de phares : ce qui est autorisé

Faire un appel de phares, c’est alterner brièvement feux de croisement et feux de route (sur la plupart des voitures, en tirant le commodo vers soi). En Belgique, ce geste n’est autorisé que pour :

  • signaler un danger, lorsque c’est nécessaire pour éviter un accident ;
  • avertir un autre usager que vous allez le dépasser, uniquement en dehors des agglomérations ;
  • prévenir un conducteur que ses feux vous éblouissent.

Les appels de phares doivent rester brefs et ne pas créer de danger. Utilisés pour prévenir d’un contrôle de police ou pour « pousser » le conducteur de devant sur l’autoroute, ils sortent du cadre légal. Pour rappel, sur l’autoroute, la meilleure façon d’éviter les mauvaises surprises reste de respecter les limitations, y compris dans les zones de radar tronçon.

Que risque-t-on en cas d’éblouissement ?

Rouler en pleins phares face à un autre usager est une infraction au code de la route. En Belgique, les infractions sont classées par degré et sanctionnées par une perception immédiate ou une transaction. Depuis le 1er juillet 2026, le montant de base d’une infraction du premier degré est passé de 58 à 64 euros (auxquels peut s’ajouter une redevance administrative). Les infractions plus graves, ou celles qui ont provoqué un accident, peuvent être renvoyées devant le tribunal de police.

Au-delà de l’amende, la vraie question est celle de la responsabilité : un conducteur ébloui peut perdre la trajectoire quelques secondes, le temps que sa vision se réadapte. En cas d’accident, l’usage fautif de vos feux de route pourra être retenu contre vous par l’assureur.

À noter : le nouveau Code de la voie publique, qui remplacera l’arrêté royal de 1975, devait initialement entrer en vigueur en septembre 2026. Son entrée en vigueur a été reportée au 1er juin 2027. D’ici là, ce sont bien les règles actuelles qui s’appliquent.

Comment réagir quand on est ébloui ?

Être ébloui par une voiture qui arrive en face, surtout sur route mouillée, est l’une des situations les plus inconfortables de la conduite de nuit. Quelques réflexes limitent le risque :

  • Ne fixez pas les phares : regardez le bord droit de la chaussée, la ligne blanche ou l’accotement, pour garder votre trajectoire.
  • Levez le pied et augmentez votre distance avec le véhicule qui vous précède.
  • Faites un bref appel de phares pour signaler l’éblouissement, sans répondre par des pleins phares prolongés.
  • Basculez le rétroviseur intérieur en position nuit (ou laissez la fonction anti-éblouissement automatique faire son travail) si l’éblouissement vient de l’arrière.
  • Gardez un pare-brise propre, intérieur compris : un film gras ou un impact diffuse la lumière et multiplie l’éblouissement. Un impact doit être réparé rapidement, comme nous l’expliquons dans notre article sur le pare-brise.

Si vous êtes régulièrement ébloui, même par des voitures en feux de croisement, faites aussi contrôler votre vue : la sensibilité à l’éblouissement augmente avec l’âge et certains troubles visuels.

Les feux de route automatiques

La plupart des voitures récentes proposent des feux de route automatiques. Une caméra placée derrière le pare-brise, au niveau du rétroviseur intérieur, détecte les feux des autres véhicules et l’éclairage public, puis bascule seule entre feux de route et feux de croisement.

Ces systèmes ont deux niveaux de sophistication :

  • L’assistant de feux de route simple : il allume ou éteint les pleins phares en bloc. Efficace sur route vide, mais il repasse en croisement dès qu’un véhicule apparaît.
  • Les feux de route adaptatifs (matriciels) : les phares LED sont découpés en segments que l’électronique peut éteindre individuellement. Le faisceau reste en pleins phares partout, sauf dans la zone où se trouve l’autre véhicule, qui est « masquée ». Vous continuez à voir loin sur les bas-côtés sans éblouir personne.

Ces aides fonctionnent généralement dans l’obscurité et au-dessus d’une vitesse minimale (environ 20 km/h chez Volvo). Elles peuvent être temporairement indisponibles par brouillard, forte pluie, neige, ou si la zone du pare-brise devant la caméra est sale ou givrée. Le conducteur reste dans tous les cas responsable : si le système tarde à réagir face à un cycliste mal éclairé, c’est à vous de repasser manuellement en feux de croisement.

Volvo et Polestar : des pionniers des feux de route adaptatifs

Volvo a été l’un des premiers constructeurs à généraliser l’Active High Beam (feux de route actifs) sur ses modèles, dès le début des années 2010. Le principe : une caméra repère les véhicules venant en sens inverse ou circulant devant, et les projecteurs masquent uniquement la portion du faisceau qui les éblouirait. Volvo annonçait une précision de cadrage de l’ordre de 1,5 degré.

Sur le Volvo EX90, la technologie franchit un cap avec des phares conçus par l’équipementier autrichien ZKW, dotés de modules numériques haute définition de plus de 1,3 million de pixels. Le faisceau devient une véritable image lumineuse, ajustée en permanence pour contourner les autres usagers. Détail stylistique typique de la marque : le feu de jour en « marteau de Thor » s’ouvre lorsque les feux de route s’allument, pour révéler le projecteur principal.

Ces systèmes s’inscrivent dans la logique plus large des aides à la conduite et de la conduite autonome : les mêmes caméras et capteurs qui gèrent l’éclairage servent aussi au maintien dans la voie, au freinage d’urgence ou à la détection des piétons.

Côté réglages, sur les Volvo à Google intégré et sur les Polestar, l’activation des feux de route automatiques se fait dans les menus de l’écran central (rubrique éclairage). Le commodo gauche reste disponible pour forcer manuellement les pleins phares ou faire un appel de phares.

Feux de route et voiture électrique : consommation et hiver

Une question revient souvent chez les conducteurs de voitures électriques : les feux de route font-ils baisser l’autonomie ? La réponse est non, ou presque. Les projecteurs LED modernes consomment quelques dizaines de watts, une puissance négligeable face aux 15 à 20 kWh aux 100 km d’une voiture électrique et surtout face au chauffage de l’habitacle en hiver. Si vous voulez gagner des kilomètres, concentrez-vous plutôt sur les conseils de notre guide sur la consommation d’une voiture électrique.

L’hiver pose en revanche d’autres questions d’éclairage. Les phares LED chauffent beaucoup moins que les anciennes ampoules halogènes : par temps de neige, ils peuvent se couvrir de neige ou de givre sans que la chaleur ne les dégage. Pensez à les nettoyer avant de partir, en même temps que la zone de la caméra sur le pare-brise. Retrouvez nos autres conseils dans notre article sur la voiture électrique en hiver.

Réglage et entretien des feux de route

Un phare mal réglé peut éblouir même en feux de croisement, et un phare de route mal orienté éclaire le ciel au lieu de la route. Quelques points à surveiller :

  • Le réglage en hauteur : sur les voitures sans correcteur automatique, ajustez la molette de réglage quand la voiture est chargée (coffre plein, remorque). Les voitures équipées de LED ou de phares adaptatifs ont généralement une correction automatique.
  • Les optiques : un phare jauni ou opacifié perd une bonne partie de sa portée. Une rénovation des optiques, ou leur remplacement, redonne de la visibilité.
  • Le contrôle technique : l’éclairage est systématiquement vérifié lors du contrôle technique belge, y compris le réglage des faisceaux. Un défaut peut entraîner un refus ou une revisite.
  • Les ampoules : sur les voitures halogènes, remplacez-les par paire pour garder un éclairage homogène. Sur les blocs LED, une panne nécessite souvent le remplacement de tout le module, d’où l’intérêt de vérifier la couverture de la garantie.

Les bons réflexes pour bien utiliser ses feux de route

Pour résumer, voici les habitudes à adopter au quotidien :

  • Allumez les feux de route dès que la route n’est pas éclairée et qu’elle est dégagée.
  • Repassez en feux de croisement dès que vous apercevez des phares en face ou des feux arrière à moins de 50 mètres.
  • N’oubliez pas les usagers vulnérables : cyclistes et piétons sont aussi éblouis que les automobilistes.
  • Activez les feux de route automatiques si votre voiture en est équipée, mais gardez toujours la main sur le commodo.
  • Évitez les feux de route dans le brouillard et sous une forte averse, et adaptez votre vitesse, notamment pour limiter le risque d’aquaplaning.
  • Gardez phares, caméra et pare-brise propres, surtout de novembre à mars.

FAQ sur les feux de route

Quelle est la différence entre feux de route et feux de croisement ?

Les feux de croisement éclairent la route à courte distance avec une coupure qui évite d’éblouir les autres usagers. Les feux de route éclairent beaucoup plus loin (au moins 100 mètres) mais éblouissent : ils ne peuvent être utilisés que lorsque personne ne vient en face ni ne vous précède de près.

De quelle couleur est le voyant des feux de route ?

Le témoin des feux de route est bleu, avec des rayons horizontaux. Le témoin des feux de croisement est vert, avec des rayons inclinés vers le bas.

Peut-on rouler en feux de route en agglomération ?

Le code belge impose de les éteindre lorsque l’éclairage public est continu et suffisant pour voir distinctement jusqu’à environ 100 mètres, ce qui est le cas de la plupart des agglomérations. Dans une rue non éclairée et sans autre usager, leur usage reste possible, mais avec beaucoup de prudence vis-à-vis des piétons et cyclistes.

Peut-on utiliser les feux de route sur l’autoroute ?

Oui, sur les tronçons non éclairés et lorsque la circulation le permet. Il faut les couper dès que vous suivez un véhicule à moins de 50 mètres. Les voitures roulant en sens inverse sont souvent protégées par la berme centrale, mais pas toujours : restez attentif.

Faire un appel de phares pour prévenir d’un contrôle de police est-il autorisé ?

Non. En Belgique, l’appel de phares est limité à trois cas : signaler un danger pour éviter un accident, avertir d’un dépassement hors agglomération, ou prévenir un conducteur que ses feux vous éblouissent.

Quelle amende pour éblouissement en Belgique ?

L’usage fautif des feux est sanctionné comme une infraction au code de la route. À titre de repère, une infraction du premier degré coûte 64 euros en perception immédiate depuis le 1er juillet 2026. En cas d’accident ou de récidive, le dossier peut aller devant le tribunal de police.

Les feux de route automatiques sont-ils fiables ?

Ils sont efficaces dans la grande majorité des situations et réduisent nettement les oublis. Leur limite : le brouillard, la forte pluie, une caméra sale, ou un usager peu éclairé (cycliste, piéton) que le système détecte mal. Le conducteur reste responsable et doit reprendre la main si nécessaire.

Les feux de route consomment-ils de la batterie sur une voiture électrique ?

Très peu. Des phares LED consomment quelques dizaines de watts, ce qui représente un impact négligeable sur l’autonomie, très loin derrière le chauffage, la vitesse ou la température extérieure.

Le nouveau code de la route change-t-il les règles sur les feux de route ?

Le nouveau Code de la voie publique doit entrer en vigueur le 1er juin 2027. D’ici là, les règles de l’arrêté royal de 1975 restent applicables. Nous mettrons cet article à jour lorsque les nouvelles dispositions seront en application.

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