Les feux de croisement sont les phares que l’on utilise le plus souvent, et pourtant ce sont aussi ceux dont les règles sont le plus souvent mal comprises. Depuis le passage à l’heure d’hiver, le dimanche 25 octobre 2026, la nuit tombe une heure plus tôt sur le trajet du retour : c’est le moment de l’année où la question « dois-je allumer mes feux de croisement ? » se pose chaque soir, et où les contrôles d’éclairage se multiplient.
Dans ce guide, on fait le point sur ce que dit le code de la route belge en 2026 : quand les feux de croisement sont obligatoires (de jour comme de nuit), comment ils se distinguent des feux de route, des feux de position et des feux de jour, ce que vous risquez en cas d’oubli, et comment les régler correctement. On regarde aussi ce qui change avec les phares LED matriciels des Volvo et Polestar récentes, et l’impact réel de l’éclairage sur l’autonomie d’une voiture électrique.
Feux de croisement : définition et rôle
Les feux de croisement, souvent appelés « codes » ou « feux normaux », sont les deux projecteurs avant qui éclairent la route sans éblouir les usagers venant en face. Ils s’allument toujours avec les feux rouges arrière. Leur double rôle est simple : voir la chaussée devant soi et être vu par les autres.
Leur faisceau est asymétrique : la limite haute du faisceau (la « coupure ») est rabattue vers le bas et légèrement relevée du côté droit, pour éclairer l’accotement et les panneaux sans aveugler le conducteur qui arrive en sens inverse. C’est précisément cette coupure qui doit être bien réglée, sans quoi des feux de croisement se comportent comme des feux de route pour les autres.
Toute voiture immatriculée en Belgique doit obligatoirement en être équipée, au même titre que les feux de route, les feux de position, les clignotants, les feux stop et au moins un feu antibrouillard arrière.
Quand les feux de croisement sont-ils obligatoires en Belgique ?
De nuit : toujours
Entre la tombée de la nuit et le lever du jour, les feux de croisement sont obligatoires en tout temps lorsque vous roulez, que la route soit éclairée ou non. Sur une route sans éclairage public et sans autre usager, vous pouvez passer en feux de route, mais vous revenez en feux de croisement dès que la situation l’exige (voir plus bas).
De jour : dès que la visibilité tombe sous 200 m
En journée, le code de la route belge impose les feux de croisement chaque fois que la visibilité ne permet pas de voir à environ 200 mètres. Les cas typiques :
- dans un tunnel, même éclairé ;
- sous un pont long ou une zone couverte ;
- par temps de pluie ;
- en cas de chute de neige ;
- dans le brouillard ou la fumée ;
- toute autre circonstance qui réduit la visibilité à moins de 200 m (crépuscule, ciel très sombre, soleil rasant derrière vous qui rend votre voiture peu visible).
La règle pratique est simple : si vous vous demandez s’il faut les allumer, allumez-les. En cas de doute, il n’existe aucune sanction pour avoir des feux de croisement allumés de jour, alors que l’inverse peut coûter cher.
À l’arrêt et en stationnement
Quand vous êtes arrêté ou stationné sur la voie publique de nuit sans éclairage public, ou de jour avec une visibilité inférieure à 200 m, ce sont les feux de position (avant et arrière) qui sont obligatoires. Par brouillard, neige ou forte pluie, vous pouvez les remplacer par les feux de croisement, mais ce n’est pas imposé.
Feux de croisement, feux de route, feux de position, feux de jour : les différences
Beaucoup d’oublis viennent d’une confusion entre ces quatre types d’éclairage :
- Feux de position : faible intensité, servent à être vu à l’arrêt. Ils ne suffisent pas pour rouler.
- Feux de jour (DRL) : obligatoires sur les voitures neuves homologuées dans l’Union européenne depuis 2011, ils s’allument automatiquement au démarrage. Ils rendent la voiture visible de face, mais sur beaucoup de modèles ils n’allument pas les feux arrière et n’éclairent pas la route. Ils ne remplacent donc jamais les feux de croisement au crépuscule, dans un tunnel ou sous la pluie.
- Feux de croisement : l’éclairage normal de conduite, avant et arrière.
- Feux de route : les « pleins phares », qui éclairent loin mais éblouissent.
Le piège des feux de jour est réel : sur un tableau de bord rétroéclairé, on a l’impression de rouler « avec les phares », alors que l’arrière de la voiture est totalement éteint. C’est pour cette raison que la plupart des constructeurs, Volvo compris, recommandent de laisser la commande d’éclairage sur la position automatique.
Quand repasser des feux de route aux feux de croisement ?
Les feux de route sont interdits, et il faut donc revenir aux feux de croisement, dans les situations suivantes :
- lorsque l’éclairage public est continu et suffisant pour voir à environ 100 m ;
- lorsque vous croisez un autre usager (voiture, cycliste, piéton) ;
- lorsque vous suivez un véhicule à moins de 50 m, sauf au moment de le dépasser ;
- à l’approche d’un tram, d’un train ou d’un bateau circulant à proximité de la route.
Rabattre ses phares trop tard est l’une des principales causes d’éblouissement. Selon une enquête de Touring, environ un conducteur sur trois dit avoir déjà été ébloui par les phares d’un autre véhicule, souvent à cause de feux mal réglés ou de feux de route maintenus trop longtemps.
Feux de croisement et feux antibrouillard : qui fait quoi ?
Par brouillard, les feux de croisement restent la base. Les antibrouillards viennent en complément :
- le feu antibrouillard arrière est obligatoire en cas de forte pluie ou si la visibilité tombe sous 100 m à cause du brouillard ou de la neige, et doit être éteint dès que la visibilité redevient correcte ;
- les antibrouillards avant sont facultatifs et autorisés uniquement par brouillard, neige ou forte pluie.
Nous avons détaillé ces règles et les erreurs les plus fréquentes dans notre guide sur les feux antibrouillard. Par forte pluie, pensez aussi aux réflexes à adopter face à l’aquaplaning.
Oubli ou défaut d’éclairage : quelles amendes en 2026 ?
En Belgique, rouler avec un feu défectueux ou mal réglé constitue en règle générale une infraction du premier degré. Depuis le 1er juillet 2026, les montants des perceptions immédiates ont été relevés d’environ 10 % : une infraction du premier degré coûte désormais 64 € (contre 58 € auparavant). Les degrés supérieurs passent à 128 €, 191 € et 520 €.
Au-delà de l’amende, ne pas allumer ses feux de croisement quand ils sont obligatoires peut peser lourd en cas d’accident : l’assureur et le juge peuvent retenir un partage de responsabilité si votre véhicule était difficilement visible. Une ampoule grillée est aussi un motif fréquent de remarque au contrôle technique (voir plus bas).
Comment régler ses feux de croisement ?
Un phare mal réglé éclaire trop bas (vous voyez mal) ou trop haut (vous éblouissez). Plusieurs éléments jouent :
Le correcteur de portée
Sur les voitures à phares halogènes, une molette au tableau de bord (positions 0 à 3) permet d’abaisser le faisceau quand la voiture est chargée : coffre plein, passagers à l’arrière, remorque attelée. Beaucoup de conducteurs ignorent son existence et éblouissent tout le monde lors des départs en vacances. Les projecteurs à forte puissance lumineuse (la plupart des xénon et des LED performants) doivent, selon la réglementation européenne d’homologation, être équipés d’un correcteur automatique qui ajuste la hauteur du faisceau en fonction de l’assiette du véhicule.
Le réglage en atelier
Le réglage précis se fait au réglophare, un appareil qui mesure l’inclinaison de la coupure. Il est recommandé après un remplacement d’optique, un choc avant, un changement de suspension ou une intervention sur la géométrie. Comptez en général une petite intervention en garage, souvent incluse dans un entretien.
Le test maison
Garez-vous sur un sol plat, face à un mur, à quelques mètres, pneus à la bonne pression et réservoir ou batterie dans un état normal. La coupure doit être nette, horizontale à gauche et relevée à droite, à la même hauteur pour les deux phares. Un faisceau nettement plus haut d’un côté signale un réglage à faire corriger.
Feux de croisement et contrôle technique
Au contrôle technique belge, l’éclairage fait partie des points systématiquement inspectés : fonctionnement de chaque feu, couleur, état des optiques (verres opacifiés ou fissurés) et réglage des feux de croisement au réglophare. Un feu qui ne fonctionne pas ou un faisceau mal orienté peut entraîner une remarque, voire un retour obligatoire selon la gravité.
Les optiques jaunies des voitures de plus de dix ans sont un cas fréquent : la lumière est diffusée, la portée baisse et l’éblouissement augmente. Un polissage ou un remplacement des optiques règle généralement le problème. Les voitures électriques suivent exactement les mêmes règles, comme nous l’expliquons dans notre article sur le contrôle technique d’une voiture électrique.
Halogène, xénon, LED : quelle technologie pour ses feux de croisement ?
Trois grandes familles cohabitent encore sur les routes belges :
- Halogène : lumière jaunâtre, faible coût de remplacement, mais portée et durée de vie limitées.
- Xénon : lumière plus blanche et puissante, réservée à des projecteurs homologués avec correcteur automatique.
- LED : aujourd’hui la norme sur les voitures neuves, avec une consommation faible et une durée de vie qui couvre généralement celle du véhicule.
Attention aux kits « LED » ou « xénon » vendus pour remplacer des ampoules halogènes : montés dans une optique qui n’est pas prévue pour eux, ils dispersent la lumière, éblouissent fortement et ne sont pas conformes à l’homologation du véhicule. Ils peuvent poser problème au contrôle technique et en cas de sinistre.
Volvo et Polestar : feux automatiques et phares adaptatifs
Les modèles récents de Volvo et Polestar simplifient la vie du conducteur. La commande d’éclairage en position automatique allume les feux de croisement dès que le capteur de luminosité détecte l’obscurité, l’entrée dans un tunnel ou, sur certains modèles, l’activation des essuie-glaces. Les fameux feux de jour en forme de « marteau de Thor » des Volvo, eux, ne remplacent pas les feux de croisement.
Sur les versions les mieux équipées, les projecteurs LED adaptatifs ou à pixels gardent les feux de route allumés tout en « découpant » dans le faisceau la zone où se trouve un autre véhicule, pour ne pas l’éblouir. C’est un vrai gain de visibilité sur les routes de campagne, mais le principe reste le même : la voiture doit rabattre automatiquement en feux de croisement dès qu’elle ne peut pas masquer l’autre usager. Ces aides s’inscrivent dans la même logique que les systèmes décrits dans notre dossier sur la conduite autonome : elles assistent le conducteur, sans le décharger de sa responsabilité.
Les feux de croisement réduisent-ils l’autonomie d’une voiture électrique ?
C’est une question qui revient souvent chez les nouveaux conducteurs d’électrique, surtout en hiver. La réponse est rassurante : des feux de croisement LED consomment quelques dizaines de watts au total. Sur une heure de route, cela représente une fraction négligeable de l’énergie de la batterie de traction, bien loin du chauffage de l’habitacle, qui peut appeler plusieurs kilowatts par grand froid.
Autrement dit, il n’y a aucune raison d’économiser sur l’éclairage. Si vous voulez gagner des kilomètres, agissez plutôt sur la vitesse, le préconditionnement et le chauffage, comme expliqué dans nos guides sur la consommation d’une voiture électrique et la voiture électrique en hiver. Seul point de vigilance : l’éclairage, comme toute l’électronique de bord, dépend de la batterie 12 V, qu’il ne faut pas laisser se décharger à l’arrêt.
Les bons réflexes en automne et en hiver
- Laissez la commande d’éclairage sur « Auto », mais vérifiez au tableau de bord que le témoin vert des feux de croisement est bien allumé au crépuscule.
- Faites le tour de la voiture une fois par mois, feux allumés, pour repérer une ampoule grillée.
- Nettoyez les optiques : boue, sel et neige peuvent réduire fortement la portée.
- Abaissez le correcteur de portée quand la voiture est chargée.
- Sur autoroute de nuit, ajustez votre vitesse à la portée de vos feux de croisement : si vous ne pouvez pas vous arrêter dans la zone éclairée, vous roulez trop vite (nos conseils pour la voiture électrique sur autoroute).
FAQ sur les feux de croisement
Faut-il allumer ses feux de croisement de jour en Belgique ?
Oui, dès que la visibilité est inférieure à environ 200 m : pluie, neige, brouillard, fumée, tunnel, crépuscule. Par beau temps en pleine journée, les feux de jour suffisent.
Les feux de jour remplacent-ils les feux de croisement ?
Non. Les feux de jour servent à être vu de face en plein jour. Sur de nombreux modèles, ils n’allument pas les feux arrière et n’éclairent pas la route. Au crépuscule, dans un tunnel ou sous la pluie, il faut les feux de croisement.
Les feux de croisement sont-ils obligatoires dans un tunnel éclairé ?
Oui. Même si le tunnel est éclairé, les feux de croisement doivent être allumés en Belgique.
Quelle est l’amende pour un feu de croisement grillé en 2026 ?
Un défaut d’éclairage relève en règle générale du premier degré, soit une perception immédiate de 64 € depuis le 1er juillet 2026.
À quelle distance faut-il repasser en feux de croisement derrière une voiture ?
Dès que vous suivez un véhicule à moins de 50 m, sauf pendant un dépassement.
Peut-on rouler en feux de position en ville ?
Non. Les feux de position sont prévus pour l’arrêt et le stationnement. Pour rouler de nuit, même en ville éclairée, il faut les feux de croisement.
Comment savoir si mes feux de croisement sont bien réglés ?
Garez-vous face à un mur sur un sol plat : la coupure doit être nette, à la même hauteur des deux côtés, légèrement relevée à droite. Pour un réglage précis, passez au réglophare en garage.
Peut-on remplacer des ampoules halogènes par des LED ?
Pas n’importe comment. Seules les ampoules LED de remplacement homologuées pour votre modèle sont conformes. Un kit non homologué dans une optique halogène éblouit et peut poser problème au contrôle technique.
Les feux de croisement consomment-ils beaucoup sur une voiture électrique ?
Non. Des feux LED consomment quelques dizaines de watts, soit un impact négligeable sur l’autonomie comparé au chauffage ou à la vitesse.
En résumé
Les feux de croisement sont obligatoires de nuit en toutes circonstances, et de jour dès que la visibilité passe sous 200 m ou dans un tunnel. Les feux de jour ne les remplacent pas, un défaut d’éclairage coûte 64 € depuis juillet 2026, et un bon réglage protège autant vous que les autres. Avec la nuit qui tombe désormais avant 18 h, c’est le bon moment pour faire le tour de votre voiture, phares allumés. Pour aller plus loin sur la sécurité routière, consultez aussi notre article sur les radars tronçons et nos conseils d’éco-conduite.



